Interview : MicroP

En 2018, la jeune étudiante-entrepreneure Lauriane Renaud devenait lauréate du Grand Prix National PEPITE. Un beau tremplin pour son projet µP (microP), qu’elle continue de développer aujourd’hui à Strasbourg. 

La concrétisation d’une idée

Le projet microP 

« Rendre plus accessible le dosage de micropolluants » 

MicroP a pour vocation de développer des kits nouvelle génération pour doser les micro-polluants dans l’eau, les sols ou encore les plantes. Sensible aux problématiques de pollution, Lauriane développe ces kits vendus comme des consommables de laboratoire, permettant de réaliser des tests simples d’utilisation, sans personnel formé ni gros investissement de matériel. Basés sur une innovation technologique biologique et non chimique, ils s’adressent à une multitude d’acteurs issus d’entreprises privées, d’instituts de recherche ou d’universités par exemple. 

Peux-tu présenter ton parcours ?

« J’ai un parcours assez atypique ! Après un petit passage en fac de médecine, j’ai obtenu un DEUG en physique théorique puis j’ai intégré l’École nationale du génie de l’eau à Strasbourg. C’est au cours d’un stage effectué juste avant mon entrée en licence professionnelle à l’ENGEES que j’ai été pour la première fois confrontée à la problématique des micropolluants. Mon projet microP m’est alors venu assez naturellement et j’ai travaillé à sa concrétisation en parallèle de mes études (DU pollutions et nuisances puis un Master en Biologie Végétale). 

La nécessité d’être accompagnée

Pourquoi t’être orientée vers Etena ?

Je n’ai pas vraiment suivi le cheminement traditionnel : en effet, j’ai d’abord rencontré mon incubateur (SEMIA) avant de connaître ETENA. Grâce à ce pôle, j’ai obtenu le statut d’étudiant-entrepreneur, qui s’est avéré extrêmement utile pour mener à bien mon projet pendant mes cinq années à l’Université ! 

Depuis peu, je suis chargée d’enseignement pour des cours d’entreprenariat par ETENA et je prends conscience de la valeur et de l’utilité de ces programmes de « pré-incubation » en quelques sortes. Les cours permettent de se familiariser avec ce monde si différent qu’est l’entreprenariat, qui peut faire peur quand on est issu d’un milieu comme les sciences par exemple. ETENA offre un cadre pour tester son idée, et met à disposition des jeunes de nombreux outils ainsi que des personnes aux conseils avisés.  

Quels sont les avantages du statut étudiant-entrepreneur ?

Ils sont nombreux ! Une reconnaissance du projet, une excellente équipe enseignante chez ETENA, l’accès à des Fab lab tels que le laboratoire de prototypage Biotech Lab… Grâce au statut étudiant-entrepreneur, on peut aussi participer à des événements tels que 360 possibles, Génération Start-up, pour présenter notre projet. C’est une chance car en temps normal, un stand d’exposant coûte cher et on ne peut pas forcément se le permettre quand on vient juste de créer sa startup. Enfin, le statut permet d’aménager son emploi du temps de cours pour que le projet et les études s’imbriquent à la perfection. Dans cette idée, l’étudiant-entrepreneur peut réaliser son stage dans sa propre entreprise si elle est en lien avec ses études : c’est ce que j’ai pu faire et c’est une vraie aubaine !

Un projet valorisé et récompensé 

En quoi ETENA t’a permis de mettre un coup de projecteur sur ton projet ?

En ce qui me concerne, c’est le concours national PEPITE qui m’a permis d’être « révélée » et de donner un gros coup d’accélérateur à mon projet.  En 2018, j’ai eu l’honneur de remporter le Grand Prix, ainsi qu’une subvention de 20 000 euros et une visibilité à l’échelle nationale qui permettaient forcément un développement plus concret de l’entreprise. Bien sûr, j’ai aussi gagné en crédibilité, en reconnaissance. Un gros coup de boost ! 

Une anecdote sur ton parcours ?

Je ne voulais pas du tout participer au concours PEPITE, j’y allais complètement à reculons. Ce sont mes enseignants et quelques référents de l’université qui m’ont poussée à m’inscrire. Vous imaginez ma surprise au moment des résultats…

En tant qu’entrepreneur, on a souvent tendance à se dévaloriser ou à penser que ce n’est jamais assez bien. Quand j’ai entendu mon nom, je me suis dit « Là, j’ai vraiment avancé » !  Les concours et les challenges sont très importants, ils aident à se dépasser et à ponctuer notre parcours.

Un conseil pour les jeunes qui souhaitent se lancer ?

Si vous avez une idée, qu’elle soit en lien direct ou non avec vos études, foncez ! Impossible de le regretter ! »